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Contes et légendes vietnamiennes
Postée le 16/04/2010 à 00:06:27



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Famille, un des trois piliers.

Un point important dans la culture vietnamienne s'avère la suivante : la structure de la société s'appuie sur trois éléments forts et solides : la famille (la maison), le village, la nation. Depuis les temps immémoriaux, la famille reste la cellule, le noyau stable de la société, son unité inébranlable. Autrefois, le père était le chef de famille. Il tenait entre ses mains les rênes de l'économie familiale. Il était le pontife dans la famille. L'autorité du père, correctement réalisée, constituait le pilier inébranlable de la prospérité de la famille, de la stabilité de la lignée dans l'honneur.

Le village (la commune) est le noyau solide de la nation. Il y a bien une démocratie dans le village avec une assemblée élue par tous les habitants qui administre le village... La loi de l'empereur n'intervient que dans les affaires communes à tout le pays, exemple les impôts, le recrutement des soldats... La devise « la loi de l'empire doit céder aux coutumes du village » a son origine profonde dans cette institution qui assure la durabilité de la nation. Le représentant de tout le pays était la cour, avec à sa tête l'empereur. La cour exerce son pouvoir d'administration sur tout le pays. L'empereur gouverne et administre l'empire par l'intermédiaire des mandarins, suivant la devise « l'empereur gouverne le pays par la vertu ». Quand l'empereur manque à son devoir moral, le peuple a la possibilité de le faire remplacer. C'est la théorie du « gouvernement par la vertu ». Mais parfois, la cour doit s'allier au peuple pour détrôner les mauvais empereurs et les faire remplacer par des éclairés.

Le Vietnam a eu de brillantes dynasties régnantes, comme celles des LY, Trân, Lê (avant la période de partage et de guerre entre le Nord et le Sud), la dynastie des Tây-Son... Et depuis l'avènement de la dynastie des Ly (début du 11ème siècle), la culture du Dai Viêt brille de jour en jour d'un bel éclat. De la culture dongsonienne à la culture Dai Viêt, il y a un grand pas en avant, avec les trois dynasties des Ly, Trân et Lê : élévation du niveau de l'instruction, développement intense des lettres, des arts et des sciences (particulièrement la science médicale et l'histoire). La société vietnamienne est régie par des lois ayant profondément le caractère national (le Code Hông Duc).

Rubrique « au pays du rire et du sourire » (sur les suggestions de notre sympathique Philippe).

J'en suis incapable !

Un simplet doit aller vivre chez ses beaux parents, ce qui lui cause bien du souci. Avant son départ, ses parents lui recommandent : « si tu veux te faire estimer de ton beau-père, c'est très facile. Il te suffit de refaire exactement ce qu'il fait ».

Chez sa femme, il applique rigoureusement ces conseils. A table, avec son beau-père, que celui-ci se serve de viande et notre homme aussi attrape de la viande entre ses baguettes, que le beau-père mange des légumes et lui aussi prend des légumes. Le beau-père lui cède la place pour tremper dans la saumure de Nuoc-mam et lui aussi cède la place au beau-père. Au début, celui-ci trouve très louable son comportement modeste à table. Puis, il s'aperçoit que son beau-fils imite, en cadence, chacun de ses gestes, il ne peut se retenir de rire et avale de travers : du vermicelle ressort par les deux trous du nez. A ce spectacle, notre gendre de se lever aussitôt et joignant les deux mains :

« Beau père, tout ce que vous voudrez, mais pour cela, j'en suis incapable ! ».

Le son du monocorde

Un homme jouait fort mal du monocorde. Mais persuadé d'avoir du talent, il continuait de racler son instrument. Un jour, il vit sa voisine, une jeune veuve, toute en pleurs. L'homme crut que les larmes étaient causées par sa musique et son talent. Dès lors, toutes les nuits, il se mit à jouer, espérant séduire notre belle. Quand il acquit la certitude que son art avait bien servi, semble-t-il, son destin, il l'aborda.

« Madame, quel chagrin vous ronge donc si fort ? Je me suis aperçu que vous pleuriez dès que je jouais du monocorde. S'in en est ainsi, je prêt à tout abandonner. »

« Monsieur, dit-elle, baissant les yeux, quant vous pincez votre instrument, je ne puis m'empêcher de penser à feu mon époux ».

Notre musicien réjoui, demanda :

« Votre mari était sans doute un joueur des plus renommés ?... »

« Mais non, lui rétorqua la veuve. Il était cardeur de coton. Quand vous pincez le monocorde, je crois entendre son métier et c'est pourquoi, Monsieur, je pleure ! ».

Qui me nourrira ?

Il a vingt ans, mais tellement paresseux qu'il ne connaît aucun métier et vit aux crochets de son père. Une voyante lui prédit :

« Votre père vivra jusqu'à quatre vingt ans et vous, vous irez jusqu'à soixante deux ans »

A ces mots, le jeune homme éclate en sanglots.

La voyante étonnée lui demande :

« Mais quoi ? Une aussi longue vie ne vous plaira pas ? »

Et lui de se lamenter :

« A vous croire, mon père mourra deux ans avant moi... Alors, dites-moi, pendant ces deux années... qui me nourrira ? ».

Emergence précoce de la Nation vietnamienne.

La Culture vietnamienne a vu le jour près de mille ans avant Jésus-Christ, à l'âge de Bronze, avec la Civilisation Dongsonienne, connue plus couramment sous le nom de « Culture de Dông-Son ». La Culture du Bronze est symbolisée par de très beaux tambours de bronze et par l'art d'un haut degré de perfection, avec lequel sont exécutés les membranes de ces tambours. Par la suite, l'imposante Culture chinoise a influé sur cette Culture qui a su pourtant préserver son caractère singulier lui permettant de conserver intacte son originalité et de se développer en Culture nationale vietnamienne d'aujourd'hui.
Une autre particularité de la civilisation vietnamienne consiste en la formation très précoce de la nation. Pourquoi ? Parce que le peuple vietnamien a dû, au cours de son histoire, lutter sur deux fronts pour assurer son existence :
d'une part, contre les calamités naturelles et d'autre part les attaques de ses ennemis. Les calamités naturelles sont les crues et les inondations, la sécheresse et les typhons... les attaques des ennemis, les invasions étrangères. Ces deux ennemis ont obligé le peuple vietnamien à être solidaire pour constituer un bloc homogène dans les villages et communes, protégés par des haies de bambou verts. Ces haies de bambou protégeaient leurs ancêtres des crues et des inondations et des invasions étrangères, pour défendre le village et la Patrie. Cette nation s'est donc naturellement concentrée autour des digues et derrière les solides haies de bambou. Cette nécessité de se solidariser sont les prémisses à la constitution d'une nation.
Peu à peu, à travers le temps, la monarchie centralisée a été consolidée en un Etat solide et chaque fois qu'elle se sent menacée par une invasion étrangère, la classe dirigeante se joint au peuple pour former un bloc solide fac à l'ennemi. Ceci explique les victoires du peuple vietnamien sur les envahisseurs Mongols au 13ème siècle, sur les Ming au 15ème sicècle et sur les Quinh à la fin du 18ème siècle. Cet esprit de solidarité est un facteur permanent dans l'esprit vietnamien, de la Culture vietnamienne. Ainsi, la civilisation vietnamienne a vu le jour 200 ans après la civilisation coréenne et 200 ans avant la civilisation japonaise. Et sans nul doute, toutes ces trois civilisations : coréenne, vietnamienne et japonaise, ont hérité une partie de l'ancienne civilisation chinoise et ont des relations entre elles, mais chacune est bien indépendante des deux autres et garde son caractère national.

Au pays du rire et du sourire ( sur les suggestions de notre sympathique ami Philippe)

Poisson de bois.

Un homme riche mais avare, devant l'Eternel ne mangeait jamais que du riz sans condiment. Un poisson de bois était suspendu au-dessus même de sa table. Notre avare recommandait à ses enfants de claquer la langue une fois, après chaque bouchée de riz, pour entretenir l'illusion de la saveur du poisson. Un jour, le benjamin, âgé de quatre ans, fit entendre plusieurs claquements après chaque bouchées de riz. L'aîné qui venait d'avoir ses six ans rapporta la chose à son père. Et l'avare indigné de dire :
« Qu'il mange donc salé et qu'il en meure ! ».

Le message.
Un riche propriétaire vietnamien possède beaucoup de rizières, mais peu de culture. Un jour, il reçoit des visiteurs, son domestique lui apporte un pli :
- une missive du Chef de Canton.
N'osant avouer devant le monde qu'il ne sait pas lire, il déplie le papier,
fait semblant de le parcourir des yeux rapidement et dit :
- fais venir le messager !
Celui-ci arrive et s'entend ordonner :
- va dire au Chef de Canton que je suis d'accord pour me rendre chez lui tout à l'heure.
Ahurissement ! Le messager se gratte les oreilles et répond
respectueusement :
- je ne sais si vous avez bien lu ce qu'a écrit mon maître. Il vous prie simplement de lui prêter votre étalon !

Toutes les places sont prises.
Un mendiant décharné et dépenaillé vient chez un gros marchand
et demande la charité. Ce dernier le tance vertement :
- disparais de ma vue, espèce de fainéant crasseux ! Il est clair que tu arrives tout droit de l'enfer !
A ces paroles, le mendiant de répondre :
- c'est juste, je reviens de l'enfer !
Le richard demande :
- puisque tu étais descendu dans l'enfer, pourquoi n'y es-tu pas resté ?
Le mendiant répond :
- c'est bien simple. Je n'ai pas pu y rester, il n'y a plus de place pour moi. Les riches les ont déjà prises toutes !

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